La réponse tient en un nom : Hafþór Júlíus Björnsson, dit « Thor », dit « La Montagne ». À 2,06 m et jusqu’à 205 kg, l’Islandais a repoussé les limites de ce qu’un corps humain peut soulever, enchaîner et dominer sur une même saison. Que tu l’aies découvert via une vidéo de deadlift ou dans Game of Thrones, une chose ne change pas : aucun athlète de l’histoire des sports de force n’a accumulé autant de titres majeurs dans une fenêtre aussi courte.
🏆 L’essentiel à retenir
501 kg soulevés
Record mondial du soulevé de terre, battu en format privé lors de la pandémie.
Quadruplé historique
En une seule année, il remporte les 4 plus grandes compétitions mondiales de force.
Strongman, pas powerlifter
Sa discipline n’est pas le powerlifting officiel, mais ses performances dépassent les deux univers.
| Discipline | Record personnel |
|---|---|
| Soulevé de terre strongman | 510 kg (record du monde) |
| Elephant Bar Deadlift | 474,5 kg (record du monde) |
| Squat | 440 kg |
| Développé couché | 250 kg |
| Total powerlifting estimé | 1 100 kg |
Qu’est-ce qui fait de Björnsson l’homme le plus fort au monde ?
Né le 26 novembre 1988 à Reykjavik, Hafþór Júlíus Björnsson n’a pas toujours été ce colosse. À 19 ans, il joue en première division de basket islandaise et pèse alors 110 kg. Une blessure grave à la cheville met fin à cette carrière avant qu’elle ne décolle vraiment.
C’est dans une salle de sport qu’il croise Magnús Ver Magnússon, quatre fois champion du monde de strongman, qui devient son mentor. Deux ans plus tard, Björnsson remporte ses premières compétitions en Islande. En quelques saisons, il passe de promesse locale à phénomène mondial. Sa première participation au World’s Strongest Man en 2011 le voit terminer sixième, à 180 kg. Ce n’était qu’un début.
Quel est le palmarès qui légitime ce titre ?
Les titres s’accumulent à un rythme que personne avant lui n’avait connu. Sur le seul circuit strongman, Björnsson cumule 12 titres d’homme le plus fort d’Islande, 5 titres à l’Europe’s Strongest Man et 3 victoires à l’Arnold Strongman Classic. Le sommet arrive en 2018, avec une première absolue dans l’histoire du sport de force.
Cette année-là, il remporte consécutivement les quatre plus grandes compétitions mondiales de la discipline :
- Arnold Strongman Classic
- Europe’s Strongest Man
- World’s Strongest Man
- World’s Ultimate Strongman Dubaï
Aucun athlète n’avait réalisé ce quadruplé avant lui. Le titre de champion du monde WSM 2018 vient couronner une carrière bâtie sur la régularité autant que sur la puissance brute. Entre 2011 et 2019, il monte sur le podium du WSM à chaque participation, souvent freiné par des blessures mais jamais vraiment arrêté.
Si tu veux comprendre l’univers des athlètes qui jouent sur la frontière entre force spectacle et compétition codifiée, l’histoire d’Anatoly, ce powerlifter qui trompe les bodybuilders illustre bien comment la force réelle dépasse souvent les apparences.
Qui a soulevé 501 kg et comment ce record a-t-il été battu ?
Le soulevé de terre est l’épreuve qui a défini la rivalité la plus intense du sport de force moderne. Pour comprendre ce que représente ce record, il faut remonter à son origine.
Eddie Hall franchit 500 kg en 2016

Au World Deadlift Championship, le Britannique Eddie Hall soulève 500 kg et entre dans l’histoire comme le premier être humain à franchir ce seuil. L’effort est tel qu’il perd connaissance immédiatement après la tentative, les vaisseaux sanguins de ses yeux éclatent sous la pression. Ce n’est pas une performance sportive ordinaire : c’est une limite physiologique repoussée au prix d’un risque médical réel. Le record semble indépassable.
Björnsson répond avec 501 kg le 2 mai 2020
Quatre ans plus tard, dans un contexte radicalement différent, Björnsson organise une tentative en format privé pour le compte du World’s Ultimate Strongman, la compétition ayant été contrainte à l’isolement pendant la pandémie. Il soulève 501 kg, soit un kilo de plus qu’Eddie Hall. Pour donner une idée de ce que représente ce poids : c’est l’équivalent de trois à quatre lions adultes mâles soulevés d’un seul bloc.
Eddie Hall conteste immédiatement la validité du record, arguant que les conditions ne respectent pas celles d’une compétition officielle. La controverse alimente une rivalité déjà explosive. La réponse de Björnsson ne tarde pas : il porte son record en soulevé de terre strongman à 510 kg, effaçant tout débat sur la marge.
Björnsson est-il vraiment plus fort qu’Eddie Hall et Brian Shaw ?
La comparaison directe entre les géants du strongman n’est jamais simple, car les carrières ne se chevauchent pas toujours aux mêmes sommets. Voici ce que les faits permettent de dire.
Les trois figures majeures avec lesquelles Björnsson est le plus souvent comparé sont :
- Eddie Hall : champion WSM 2017, premier homme à soulever 500 kg, retraite forcée dès 2018 en raison des conséquences physiques de ses performances extrêmes. Il bat Björnsson au WSM une seule fois, puis prend du recul définitif.
- Brian Shaw : quatre fois champion WSM (2011, 2013, 2015, 2016), l’Américain a été le concurrent le plus constant de Björnsson pendant plusieurs années. Ses titres sont réels, mais obtenus dans des années où Björnsson n’avait pas encore atteint son plein potentiel.
- Žydrūnas Savickas : le Lituanien « Big Z » cumule lui aussi quatre titres WSM et une longévité hors normes, actif encore à 45 ans. Sa carrière illustre ce qu’est la régularité sur la durée, mais sans le pic de performances brutes de Björnsson.
Le point de bascule définitif arrive lors du combat de boxe organisé entre Björnsson et Eddie Hall : Björnsson l’emporte aux points. Il avait déjà battu son record de deadlift. Cette victoire sur deux terrains différents est ce qui, dans l’esprit du public, tranche la question.
Björnsson est-il un powerlifter ou un strongman ?
Le terme « powerlifter » revient souvent pour désigner Björnsson, mais il n’a jamais concouru en compétition de powerlifting officiel, régi par des fédérations comme l’IPF ou la WPC. Dans ces circuits, les mouvements sont strictement codifiés : squat, développé couché, soulevé de terre, avec des règles techniques précises sur la profondeur, les pauses et l’équipement autorisé. Les noms de référence dans ce cadre sont des athlètes comme Ray Williams, Cailer Woolam ou Blaine Sumner.
Björnsson est un strongman : sa discipline mêle des épreuves variées comme le log press, le keg toss, les atlas stones ou le farmer’s walk, avec des règles beaucoup moins contraignantes. Cela dit, son total estimé en powerlifting atteint 1 100 kg, un niveau qui reste hors normes même dans le cadre strict du powerlifting compétitif. La confusion entre les deux disciplines est fréquente, et elle est compréhensible : quand un homme soulève 501 kg, les étiquettes importent peu.
Pour situer l’écart avec le reste du monde du fitness, il suffit de rappeler qu’un pratiquant régulier de salle considère déjà les haltères à partir de 5 kg comme un outil de progression sérieux. Björnsson travaille avec des charges qui représentent plusieurs milliers de fois cette valeur.


