Une basketteuse professionnelle en France gagne en moyenne 6 300 € bruts mensuels en Ligue Féminine de Basketball (LFB), soit environ 4 445 € nets. Aux États-Unis, les salaires en WNBA oscillent entre 66 000 et 250 000 dollars par an. Ces rémunérations restent nettement inférieures à celles du basket masculin, poussant 60 % des joueuses WNBA à s’expatrier en Europe ou en Asie pour multiplier leurs revenus par 3 à 5.
Voici un aperçu complet des rémunérations du basket féminin professionnel, des disparités qui persistent et des évolutions en cours.
| Championnat | Salaire moyen | Fourchette |
|---|---|---|
| LFB (France) | 6 300 € bruts/mois | 2 500 € à 9 000 € |
| WNBA (USA) | 78 000 $/an | 66 000 $ à 250 000 $ |
| Turquie/Russie | 500 000 $ à 1 M$ | Pour les stars |
| NBA (hommes) | 10 millions $/an | Ratio x40 à x130 |
📋 L’essentiel à retenir
- Le salaire moyen en LFB a progressé de 70 % en 10 ans, témoignant d’une professionnalisation croissante du championnat français.
- Les joueuses WNBA ne perçoivent que 20 à 25 % des revenus de la ligue, contre 50 % pour les joueurs NBA.
- 60 % des joueuses WNBA s’expatrient chaque année pour gagner entre 500 000 et 1 million de dollars en Europe ou Asie.
- Le syndicat des joueuses WNBPA réclame depuis octobre 2024 une part des revenus équivalente à celle des hommes.
- Marine Johannès gagne environ 250 000 € par an en cumulant LFB, WNBA et contrats de sponsoring avec Nike.
Combien gagne une basketteuse en Ligue Féminine (LFB) ?
La Ligue Féminine de Basketball rassemble 12 clubs et 119 joueuses professionnelles. Le salaire moyen brut mensuel s’établit à 6 300 € pour la saison 2023-2024, contre 4 445 € nets dans les données antérieures. Ce montant place la LFB dans une fourchette compétitive en Europe, bien que les écarts restent importants selon le niveau des joueuses.
Le salaire moyen en LFB
Les clubs de la LFB fonctionnent avec un budget moyen de 1,9 million d’euros, réparti entre salaires, infrastructures et frais de fonctionnement. Ce budget se compare à celui de la Pro B masculine (2,1 M€), ce qui situe l’élite féminine au niveau de la deuxième division masculine en termes de ressources financières. Le financement provient principalement des partenariats privés (47 %), des subventions publiques (38 %) et de la billetterie (8 %).
Les fourchettes salariales selon le niveau
Les rémunérations varient considérablement selon l’expérience et le statut de la joueuse. Voici les principales tranches observées :
- Rookies et joueuses de rotation : entre 2 500 et 3 500 €/mois
- Joueuses confirmées : entre 4 500 et 6 500 €/mois
- Stars et internationales : jusqu’à 9 000 €/mois
Les entraîneurs principaux gagnent en moyenne 4 965 € bruts mensuels, tandis que les assistants perçoivent environ 2 991 €. Pour les divisions inférieures comme la Ligue 2 féminine ou le National 1, les données publiques manquent, mais les salaires décroissent logiquement avec le niveau de compétition.
L’évolution des rémunérations
La LFB a connu une progression salariale de +17 % en 4 ans et de +70 % en 10 ans. Cette hausse s’explique par le doublement des budgets clubs sur les deux dernières décennies (de 900 000 € en 2001 à 1,9 M€ aujourd’hui). Les 12 clubs emploient désormais 215 salariés au total, preuve d’une structuration entrepreneuriale. L’objectif affiché pour 2024 est de faire de la LFB l’une des deux ligues féminines les plus populaires au monde, aux côtés de la WNBA.
Quels sont les salaires en WNBA ?
La WNBA reste la référence mondiale du basket féminin, mais les rémunérations y demeurent bien en deçà de celles de la NBA. La saison s’étend de fin mai à début septembre, soit environ 4 mois, ce qui contraint les joueuses à chercher des compléments de revenus ailleurs.
La fourchette salariale actuelle
Les salaires en WNBA varient aujourd’hui entre 66 000 et 250 000 dollars par an. Le salaire moyen se situe autour de 78 000 $ par saison, soit environ 6 500 $ mensuels. Les rookies débutent en général à 41 965 $, tandis que les superstars plafonnent à 230 000 ou 250 000 $. Pour illustrer, Caitlin Clark, nouvelle star montante, a signé un contrat de 338 000 $, incluant probablement primes et sponsors. À l’inverse, un arbitre NBA gagne en moyenne 150 000 $ par an, soit davantage qu’une superstar WNBA avant 2020 (117 000 $).
Les bonus et la part des revenus
Au-delà des salaires de base, les joueuses perçoivent des primes pour leurs performances individuelles et collectives :
- Championnes WNBA : 10 500 $/joueuse
- MVP de la saison : 15 000 $
- All Star Game : 2 500 $
- Commissioner’s Cup : jusqu’à 30 000 $
Le point le plus litigieux concerne la part des revenus redistribuée aux joueuses. En WNBA, elles reçoivent entre 20 et 25 % des revenus totaux de la ligue, contre 50 % en NBA. Ce différentiel explique une grande partie de l’écart salarial. Le salaire moyen NBA atteint 10 millions de dollars, soit un ratio de x40 à x130 par rapport à la WNBA.
Les négociations en cours
En octobre 2024, le syndicat des joueuses (WNBPA) s’est retiré de l’accord collectif pour renégocier les conditions salariales. Les porte-paroles, Nneka Ogwumike (présidente) et Elizabeth Williams (secrétaire), réclament une part des revenus proche de 50 %, comme en NBA. Leurs arguments reposent sur des chiffres éloquents : les audiences WNBA ont doublé en 2024 (+100 %), les revenus publicitaires ont augmenté de 65 % en deux ans, et les droits de diffusion TV connaissent une hausse significative. Elizabeth Williams résume : « Tout a augmenté : les droits de diffusion, les ventes de tickets, la valeur des équipes. La seule chose qui est encore plafonnée, c’est les salaires. »
Pourquoi les basketteuses jouent elles à l’étranger ?
Plus de 60 % des joueuses WNBA s’expatrient pendant l’intersaison (octobre à avril) pour jouer dans des championnats européens ou asiatiques. La raison principale est financière : les salaires overseas dépassent largement ceux de la WNBA. En Turquie, Russie ou Chine, les stars peuvent gagner entre 500 000 et 1 million de dollars par saison. Diana Taurasi, légende de la WNBA, a touché 1,5 million de dollars à Ekaterinburg (Russie), soit environ 13 fois son salaire WNBA de l’époque. Même en France, où les salaires LFB avoisinent 75 000 € par an, les gains restent supérieurs au salaire moyen WNBA.
Cette expatriation présente toutefois des inconvénients majeurs. Les joueuses passent 8 à 9 mois par an loin de chez elles, enchaînent deux saisons sans repos, ce qui augmente le risque de blessures. Elles ne peuvent pas non plus promouvoir la WNBA aux États-Unis pendant l’intersaison, ce qui nuit à la visibilité de la ligue. Gabby Williams, joueuse franco-américaine ayant évolué au Fenerbahçe (Turquie) et à l’ASVEL, gagne plus du double en Europe qu’en WNBA.
Combien gagne Marine Johannès ?
Marine Johannès, surnommée MJ en référence à Michael Jordan (mêmes initiales, numéro 23), figure parmi les joueuses françaises les plus reconnues. Âgée de 29 ans, elle a cumulé plus de 110 sélections en équipe de France depuis 2015 et décroché la médaille de bronze aux JO de Tokyo. Elle évolue actuellement à l’ASVEL Féminin (LFB) et au Liberty de New York (WNBA). Son palmarès inclut l’Eurocoupe 2023, deux titres de championne de France (2018, 2023) et trois médailles d’argent à l’EuroBasket (2017, 2019, 2021).
Ses revenus estimés se répartissent comme suit :
- LFB (ASVEL) : environ 9 000 €/mois (fourchette haute pour les stars)
- WNBA (Liberty) : environ 60 000 €/an
- Sponsors (Nike) : part non divulguée mais significative
Au total, Marine Johannès pourrait gagner autour de 250 000 € par an, soit 20 833 €/mois, 4 788 €/semaine ou 684 €/jour. Ces chiffres restent des estimations basées sur les fourchettes moyennes, car les montants exacts demeurent confidentiels.
Quelles sont les inégalités salariales dans le basket professionnel ?
Les écarts salariaux entre basket masculin et féminin restent considérables, tant aux États-Unis qu’en France. Ces disparités ne s’expliquent pas uniquement par les revenus générés, mais aussi par la part redistribuée aux athlètes. En NBA, le salaire moyen atteint 10 millions de dollars, contre 78 000 à 250 000 $ en WNBA. Le ratio varie donc de x40 à x130 en faveur des hommes. Pour illustrer, Victor Wembanyama gagne 55 millions de dollars, soit 163 fois le salaire de Caitlin Clark (338 000 $).
La part des revenus constitue le nœud du problème. En NBA, les joueurs reçoivent environ 50 % des revenus générés par la ligue. En WNBA, les joueuses ne touchent que 20 à 25 %. Un arbitre NBA gagne 150 000 $ par an, plus qu’une superstar WNBA avant 2020 (117 000 $). Le 12e joueur d’une équipe NBA, qui ne joue presque jamais, gagne davantage qu’une équipe WNBA entière.
En France, le budget moyen d’un club de LFB s’élève à 1,9 million d’euros, contre 2,1 millions d’euros en Pro B masculine (deuxième division). L’élite féminine se situe donc au niveau économique de la deuxième division masculine. La revendication centrale des joueuses ne porte pas sur des montants absolus identiques à ceux des hommes, mais sur une même proportion des revenus (50 %). Des progrès apparaissent néanmoins. En LFB, les salaires ont progressé de +17 % en 4 ans, signe d’une professionnalisation croissante.


