Mitch Hooper est l’homme le plus fort du monde en titre. Le Canadien a remporté le World’s Strongest Man 2026 au terme d’une finale d’une rare intensité, en devançant l’Afro-Sud-Africain Rayno Coetzee sur le dernier événement. Une victoire arrachée pierre après pierre, dans l’épreuve la plus théâtrale du strongman mondial. Le podium complet et les coulisses de ce duel hors norme sont détaillés ci-dessous.
🏆 L’essentiel à retenir
81 % des points en finale
Hooper totalise 81 % des points sur 10 événements, contre 77 % pour Coetzee.
Duel Hooper / Coetzee
Deux éditions consécutives décidées sur le même événement, par la même erreur.
La France dans la course
Le strongman français est bien vivant, avec des compétitions nationales et un représentant aux mondiaux.
| Classement | Athlète | Nationalité | Points (sur 10 événements) |
|---|---|---|---|
| 🥇 1er | Mitch Hooper | Canada | 81 % |
| 🥈 2e | Rayno Coetzee | Afrique du Sud | 77 % |
| 🥉 3e | Trey Mitchell | États-Unis | N/C |
| 4e | Pavlo Kordiyaka | Ukraine | +0,5 pt sur Ondra |
| 5e | Ondra Musalek | République tchèque | Égalité avec Licis |
Quel est le classement final du WSM 2026 ?
La finale du World’s Strongest Man 2026 a réuni environ 400 athlètes représentant 40 nationalités, pour dix événements décisifs. Mitch Hooper remporte le titre avec 81 % des points totaux, soit quatre points de marge sur Rayno Coetzee qui plafonne à 77 %. Derrière eux, Trey Mitchell complète le podium.
La bataille pour les places suivantes a été tout aussi serrée. Pavlo Kordiyaka, colosse de 136 kg, prend la quatrième place en battant Ondra Musalek de seulement 0,5 point sur le dixième et dernier événement. Ondra Musalek termine cinquième à égalité de points avec Martins Licis sur l’ensemble de la compétition. Plus bas dans le classement, Eddie Hall devance son concurrent direct Matt par ce même écart d’un demi-point. Une finale où rien ne s’est joué à l’avance, et où chaque dixième comptait.
Comment Hooper a-t-il renversé Coetzee aux Atlas Stones ?
La victoire de Mitch Hooper ne s’est pas construite sur un écart confortable. Elle s’est jouée dans les dernières secondes du dernier événement, sur une épreuve qui a déjà changé le cours de l’histoire du strongman mondial l’édition précédente. Voici ce qui s’est passé.
La pierre qui bascule tout
Lors de l’épreuve des Atlas Stones, Rayno Coetzee fait tomber une pierre, non pas une fois, mais deux. Chaque tentative ratée représente du temps perdu et des points envolés dans une compétition où l’écart final entre le premier et le deuxième ne dépasse pas quatre points de pourcentage. L’impact sur le classement est immédiat et sans appel.
À l’issue de la compétition, Coetzee ne cache pas sa frustration. Il voulait « vraiment gagner », et sa déception est lisible. Pourtant, avec 77 % des points sur dix événements, sa performance reste l’une des meilleures de l’histoire récente du WSM pour un athlète qui n’évolue pas encore dans le circuit professionnel à temps plein, ce qui rend cette deuxième place encore plus remarquable.
La symétrie parfaite des deux éditions
Ce qui rend ce duel unique dans les annales du championnat du monde de strongman, c’est sa symétrie presque parfaite. L’édition précédente, c’est Mitch Hooper qui avait fait tomber une pierre aux Atlas Stones, offrant le titre à Coetzee. Cette fois, les rôles s’inversent à l’identique : Coetzee lâche la pierre, Hooper s’impose. Deux éditions consécutives décidées sur le même événement, par la même erreur, pour les mêmes protagonistes.
La communauté du strongman, très active sur des forums spécialisés, qualifie aujourd’hui ce duel de « légendaire ». Et la suite s’annonce tout aussi intéressante : Coetzee serait déjà très motivé pour les prochaines échéances du circuit, dont le Rogue Invitational, et la revanche au WSM suivant est déjà dans toutes les têtes.
Pourquoi les Atlas Stones sont-elles souvent décisives au WSM ?

Les Atlas Stones consistent à soulever des sphères de pierre de poids croissants pour les poser sur des plateformes de hauteurs différentes, le tout contre la montre. L’épreuve est placée en dernière position dans le format WSM actuel, ce qui lui confère un rôle de juge de paix naturel : en cas d’égalité de points à l’issue des neuf premiers événements, le résultat du dixième et dernier est décisif. C’est cette règle qui a scellé le sort des deux dernières éditions.
Le WSM repose sur dix épreuves en finale, chacune testant un aspect différent de la force athlétique. Les disciplines les plus emblématiques du circuit sont les suivantes :
- Deadlift : soulevé de terre, souvent avec des charges records dépassant 400 kg
- Log Press : développé au-dessus de la tête avec un tronc cylindrique lesté
- Farmer’s Walk : marche avec des charges lourdes dans chaque main sur une distance définie
- Truck Pull et Car Deadlift : épreuves spectaculaires impliquant des véhicules entiers
Ce qui différencie le strongman du powerlifting de haut niveau tient précisément à cette diversité d’épreuves : là où le powerlifter optimise trois mouvements codifiés, le strongman doit performer dans des disciplines radicalement différentes, parfois le même jour.
Mitch Hooper est-il l’un des plus grands champions de l’histoire du WSM ?
Avec deux titres mondiaux à son palmarès, Mitch Hooper entre dans une catégorie restreinte d’athlètes ayant dominé la compétition la plus relevée du strongman international. La question de sa place dans l’histoire de la discipline mérite d’être posée.
Le profil du champion canadien
Hooper est canadien, relativement jeune dans le circuit, et son style combine puissance brute et technique soignée sur des épreuves très différentes, ce qui explique sa régularité sur dix événements. Deux titres WSM le placent déjà au-dessus de la grande majorité des champions de l’histoire. Pour comparaison, les légendes absolues de la discipline sont Mariusz Pudzianowski (5 titres), Brian Shaw (4 titres), puis Eddie Hall et Thor Bjornsson avec un titre chacun.
Si Hooper maintient ce rythme, son nom s’inscrira durablement parmi les plus grands de l’histoire des géants de la force athlétique.
Les champions récents du WSM
Pour situer la victoire de Hooper dans son contexte, voici les trois derniers vainqueurs du titre mondial :
- Tom Stoltman (Écosse) : vainqueur lors de l’édition à Myrtle Beach, après avoir failli perdre le titre avant le dernier événement
- Rayno Coetzee (Afrique du Sud) : champion l’édition suivante, profitant de l’erreur de Hooper aux Atlas Stones
- Mitch Hooper (Canada) : champion en titre, sacré après avoir infligé à Coetzee la même mésaventure
Y a-t-il des Français dans le strongman mondial ?
La scène française du strongman est bien plus active qu’on ne le croit. Mathieu Beauvois, originaire de Saône-et-Loire, a représenté la France aux championnats du monde de strongman, avec une couverture assurée par France 3 Bourgogne-Franche-Comté. Il s’entraîne au Liberty Gym de Montélimar, dans le cadre de la structure Ardecho Strong, l’une des rares organisations françaises spécialisées dans la discipline.
Sur le circuit national, la 1ère Manche Homme le Plus Fort de France s’est tenue au parc des expositions de Tarbes, suivie le lendemain d’un Grand Prix amateurs ouvert à tous les niveaux. Les épreuves au programme reflètent les standards internationaux :
- Atlas Stone : record national tenté sur une sphère de 150 kg, puis 170 kg à 120 cm de hauteur
- Deadlift : soulevé de terre classique
- Pendlay Row : rowing barre depuis le sol, épreuve moins courante dans les circuits internationaux
La relève française existe. Elle s’entraîne, elle concourt, et elle ambitionne de figurer un jour parmi les meilleurs au niveau mondial.


